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Bilan des fêtes de Bayonne. «Rien n’était gagné»

Le sous-préfet Jean-Jacques Caron et le procureur de la République Patrice Michel ont présenté hier le bilan des fêtes de Bayonne, côté sécurité publique. Il n’y a pas eu de mauvaise surprise, comme l’annonce au lendemain de la soirée de clôture de deux plaintes pour viols et de trois plaintes pour agression sexuelle. Le procureur et le commissaire de police ont d’ailleurs rappelé qu’il était normal qu’une certaine discrétion entoure ce genre d’affaires, à la demande des victimes et pour ne pas compromettre les chances des enquêteurs.
« Rien n’était gagné à priori car chacun sait que le risque est permanent lorsqu’il s’agit de gérer la sécurité et les secours, au coeur d’une ville de 45 000 habitants qui accueille en cinq jours environ 1,3 million de festayres », a expliqué d’entrée le sous-préfet qui s’est félicité du nouveau dispositif de sécurité « préventif, réactif et ferme ».
Le climat qui a régné lors de cette édition 2007 est la « meilleure preuve que la situation s’est améliorée », selon les représentants de l’État. « Le bilan est satisfaisant, au-delà même de toute espérance », a ajouté Jean-Jacques Caron qui bien naturellement, félicite les policiers, le SDIS, la police municipale, les gendarmes, les administrations, la municipalité.
Les forces de l’ordre (500 policiers dont 4 compagnies de CRS) ont été « plus réactives » et leur présence au c?ur de la fête avec un « self-control » salué par tous, a permis d’éteindre dans l’?uf des flambées auxquelles on avait assisté l’an dernier. La seule intervention délicate s’est déroulée mercredi 1er août place Pasteur sur la fontaine du Pilori où les policiers ont sans doute sauvé deux trublions alcoolisés d’un lynchage après que ces derniers ont entrepris de lancer des bardages sur la foule.
Le sous-préfet a noté une « baisse considérable de la délinquance globale constatée pendant les fêtes -47,7 % par rapport à l’édition 2006 (160 faits constatés contre 306 en 2006). »
« Par nature d’infraction, les chiffres sont parlants : -58 % pour les dégradations de véhicules ; -77,1 % pour les dégradations de biens ; -69,4 % pour les vols à la roulotte ; -22 % pour les vols simples ; -46 % pour les vols avec violence ; -33 % pour les coups et blessures volontaires ».


Évolution favorable. Les violences volontaires ont connu également « une évolution très favorable dans la mesure où elles ont rarement été commises en réunion et jamais avec arme ».
Autre info citée par Jean-Jacques Caron, le nombre d’interventions de la Police Nationale est en baisse de -19,5 % (259 contre 322 en 2006).
Si le nombre d’interpellations est en baisse de -24,6 %, les gardes à vue sont en hausse de 6,6 % (56 % des personnes interpellées en 2006 étaient placées en garde à vue contre 79 % en 2007), preuve supplémentaire de l’efficacité du dispositif qui comprenait aussi des caméras de surveillance.
Mais le sous-préfet déplore néanmoins l’alcoolisation excessive des jeunes. Et à l’origine de bien des délits, on trouve l’alcool et la drogue, voire les deux.

Par Olivier  Bonnefon.

« Il faudra confirmer »

FÊTES DE BAYONNE. député-maire se réjouit de la prise conscience collective des acteurs de la fête. Il dresse un bilan encourageant et souhaite « faire mieux encore »

grenet.jpg « Sud Ouest » Quel est votre sentiment au lendemain de l’édition 2007 ?


Jean Grenet: Nous avons vécu de belles fêtes dans une ambiance beaucoup moins tendue que les années précédentes. Le nombre d’accidents est en diminution, les problèmes les plus importants étant dûs à l’alcool. Enfin, et ce n’est pas négligeable pour l’organisation d’une fête populaire, nous avons eu un temps idéal. Quant à la fréquentation, elle semble avoir été moindre, même si elle est difficile à évaluer.

Lors de l’édition 2006, les violences avaient malheureusement fait l’actualité?

Les agressions graves (armes blanches) n’ont pas eu lieu. Quant aux agressions sexuelles, elles sont en diminution très sensible. Deux cas de viols sont étudiés par la justice, mais, à l’heure qu’il est, ils ne sont pas avérés (1). Nous avons fait de très gros efforts pour la prévention de ce type d’agressions en sachant que nous ne serons pas efficaces à 100 % immédiatement. Toutefois, le bilan est pour l’heure très encourageant.

Comment expliquez vous cette nette amélioration ?

Il y a une conjonction de plusieurs éléments. D’abord une prise de conscience de tous les acteurs de la fête : peñas, cafetiers, autochtones. Depuis plus d’un an, je disais que la collectivité, seule, ne pouvait rien. J’en appelait à une prise de conscience collective. Je disais « attention, nos fêtes sont menacées ». J’ai le sentiment que le message a été entendu. Ensuite, le fait d’en avoir beaucoup parlé, les débats dans la presse après l’édition 2006 et juste avant l’été, tout cela a favorisé cette prise de conscience.
L’annonce de nouvelles mesures, notamment la présence policière dans la fête, a fait réagir en amont. Quelle analyse faite vous aujourd’hui ?
Moi le premier, je n’étais pas très chaud à l’idée d’envoyer des policiers, des CRS dans la foule. Il faut leur rendre hommage, tout autant qu’à la police municipale, pour leur travail efficace et souvent discret. Les CRS ont joué le jeu en entretenant des relations amicales avec les festayres. Ils ont compris qu’ils n’étaient pas en présence de holligans comme on en croise dans certains stade de football.

Quant à la surveillance vidéo, quelle efficacité ?

Excellente. les policiers nous réclament déjà de la reconduire l’année prochaine. Elle a permis d’interpeller des casseurs et d’éviter des situations dangerueses. Les points chauds des années précédentes dans lesquels des caméras ont été installées ont bizarrement été très calmes. Mais que les Bayonnais se rassurent, les caméras vont être rapidement démontés.

Reste le problème de l’alcoolisation, notamment des très jeunes?

C’est effectivement le point noir. Les jeunes boivent beaucoup et de l’alcool très fort. Sans parler de la drogue. Il n’est pas difficile de faire des enfants, il est plus difficile de les élever. Certains parents ne sont pas raisonnables, ils devraient mettre en
garde les jeunes des dangers qu’ils encourent. Nous continuerons notre travail de prévention mais les parents doivent, eux aussi, prendre leurs responsabilités.

Dans quels secteurs devront porter vos efforts ?

Dans notre quête de l’excellence, il faut toujours se remettre en question. Cette année, nous avons noté des difficultés de stationnement, d’explication de nos horaires d’ouverture et fermeture de la ville. Il est également nécessaire de se pencher sur le camping sauvage. Si en centre-ville la situation s’est améliorée, des problèmes demeurent
en périphérie. Globalement nous pouvons être satisfaits de l’édition qui s’achève, nous avons vécu un tournant important, à nous de confirmer dès l’année prochaine.
(1) Dans la soirée, le procureur de la République de Bayonne a confirmé un viol (voir en page Faits divers)

Propos recueillis par Philippe Campa