« Il faudra confirmer »
FÊTES DE BAYONNE.
député-maire se réjouit de la prise conscience collective des acteurs
de la fête. Il dresse un bilan encourageant et souhaite « faire mieux
encore »
« Sud Ouest » Quel est votre sentiment au lendemain de l’édition 2007 ?
Jean Grenet: Nous avons vécu de belles fêtes dans une ambiance beaucoup
moins tendue que les années précédentes. Le nombre d’accidents est en
diminution, les problèmes les plus importants étant dûs à l’alcool.
Enfin, et ce n’est pas négligeable pour l’organisation d’une fête
populaire, nous avons eu un temps idéal. Quant à la fréquentation, elle
semble avoir été moindre, même si elle est difficile à évaluer.
Lors de l’édition 2006, les violences avaient malheureusement fait l’actualité?
Les
agressions graves (armes blanches) n’ont pas eu lieu. Quant aux
agressions sexuelles, elles sont en diminution très sensible. Deux cas
de viols sont étudiés par la justice, mais, à l’heure qu’il est, ils ne
sont pas avérés (1). Nous avons fait de très gros efforts pour la
prévention de ce type d’agressions en sachant que nous ne serons pas
efficaces à 100 % immédiatement. Toutefois, le bilan est pour l’heure
très encourageant.
Comment expliquez vous cette nette amélioration ?
Il
y a une conjonction de plusieurs éléments. D’abord une prise de
conscience de tous les acteurs de la fête : peñas, cafetiers,
autochtones. Depuis plus d’un an, je disais que la collectivité, seule,
ne pouvait rien. J’en appelait à une prise de conscience collective. Je
disais « attention, nos fêtes sont menacées ». J’ai le sentiment que le
message a été entendu. Ensuite, le fait d’en avoir beaucoup parlé, les
débats dans la presse après l’édition 2006 et juste avant l’été, tout
cela a favorisé cette prise de conscience.
L’annonce de nouvelles mesures, notamment la présence policière dans la
fête, a fait réagir en amont. Quelle analyse faite vous aujourd’hui ?
Moi
le premier, je n’étais pas très chaud à l’idée d’envoyer des policiers,
des CRS dans la foule. Il faut leur rendre hommage, tout autant qu’à la
police municipale, pour leur travail efficace et souvent discret. Les
CRS ont joué le jeu en entretenant des relations amicales avec les
festayres. Ils ont compris qu’ils n’étaient pas en présence de
holligans comme on en croise dans certains stade de football.
Quant à la surveillance vidéo, quelle efficacité ?
Excellente.
les policiers nous réclament déjà de la reconduire l’année prochaine.
Elle a permis d’interpeller des casseurs et d’éviter des situations
dangerueses. Les points chauds des années précédentes dans lesquels des
caméras ont été installées ont bizarrement été très calmes. Mais que
les Bayonnais se rassurent, les caméras vont être rapidement démontés.
Reste le problème de l’alcoolisation, notamment des très jeunes?
C’est
effectivement le point noir. Les jeunes boivent beaucoup et de l’alcool
très fort. Sans parler de la drogue. Il n’est pas difficile de faire
des enfants, il est plus difficile de les élever. Certains parents ne
sont pas raisonnables, ils devraient mettre en
garde
les jeunes des dangers qu’ils encourent. Nous continuerons notre
travail de prévention mais les parents doivent, eux aussi, prendre
leurs responsabilités.
Dans quels secteurs devront porter vos efforts ?
Dans
notre quête de l’excellence, il faut toujours se remettre en question.
Cette année, nous avons noté des difficultés de stationnement,
d’explication de nos horaires d’ouverture et fermeture de la ville. Il
est également nécessaire de se pencher sur le camping sauvage. Si en
centre-ville la situation s’est améliorée, des problèmes demeurent
en
périphérie. Globalement nous pouvons être satisfaits de l’édition qui
s’achève, nous avons vécu un tournant important, à nous de confirmer
dès l’année prochaine.
(1) Dans la soirée, le procureur de la République de Bayonne a confirmé un viol (voir en page Faits divers)
Propos recueillis par Philippe Campa

