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Commission des fêtes : la voix de Patxoki

Jano Fourcade et Klodina Aphestéguy siègeront en alternance dans la commission où ils porteront une conception qu’ils mettent en pratique depuis 1987



Quand le téléphone a sonné, ils ont d’abord été étonnés. Et même très surpris. « Mais cela a été une bonne surprise », confiait hier Jano Fourcade, lequel gère le local du Patxoki avec Klodina Aphestéguy. La surprise, c’était une invitation à participer à la nouvelle commission extra-municipale des fêtes . Jano Fourcade siègera en alternance avec Klodina Aphestéguy. Avec conviction mais en attendant de voir « ce qu’il en sortira ».

 

L’un comme l’autre ne cachent pas leurs idées. Jano était sur la liste Baiona Berria aux dernières élections municipales et Klodina assurait la permanence. Quant au local de la rue des Cordeliers, l’affichage dit clairement où l’on entre. Bien sûr, pendant les fêtes , on y cause de politique et ici, la politique a la couleur de l’abertzalisme.

 

Tout s’explique par l’histoire des lieux ouvert en juin 1987 où se retrouvaient insoumis, rebelles, féministes et on en oublie. « Beaucoup de tendances et de contestation en fait », résume Jano Fourcade qui se souvient aussi des concerts alternatifs qui se succédèrent.

 

Pourquoi Patxoki ? Pour évoquer le nom du groupe Patxa qui fit les beaux jours des années quatre-vingt.

Mais au-delà du discours, il y a aussi une volonté très affirmée de défendre une certaine façon de faire la fête. Cela tient à une somme de pratiques que Jano et Klodina défendront au sein de la commission.

 

 

« Niet aux nuisances sonores ». Déjà, il y a les enceintes dans la rue. « Nous, nous disons niet à cette nuisance, affirment-ils. Dans le local, il y en a dans le local mais tournées vers l’intérieur. Il y a aussi les comptoirs extérieurs dans les rues étroites. Nous sommes contre, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. La concentration humaine et trop de bruit ne provoquent que de l’agressivité.

 

Nous pensons qu’il faudrait étaler la fête géographiquement y compris vers Saint-Esprit et aussi en créant un village de casetas, par exemple pour les peñas trop petites où l’accès n’est pas facile pour le public. En fait, il faudrait vraiment contribuer à désengorger le Petit Bayonne ».

Dans le local, et parce que « ce n’est pas un local comme les autres », ceux de Patxoki clament haut et fort qu’on ne vient pas chez eux uniquement pour boire un coup.

 

 

Verres consignés. On vient aussi pour s’informer : sur les agressions sexuelles, le sida, sur la défense du droit des saisonniers. Les tarifs sont convenables et affichés en français et en basque. Bien sûr la question de la langue sera évoquée au sein de la commission. Quant aux boissons non alcoolisées, elles sont moins chères que celles qui le sont. Quant aux toilettes, ce n’est pas du tout un détail, elles sont ouvertes et offrent un accès pour les handicapés. Il y a aussi les verres en plastique réutilisables et consignés moyennant un euro. « En fait, souhaiterait Jano Fourcade, on voudrait une fête de curieux et de découverte et pas seulement de consommation ».

 

 

Maider Exoan. Elle représente le Collectif contre les violences sexistes et au sein de la commission extra-municipale, elle représente aussi le Collectif des femmes en Pays Basque. « Enfin, nous sommes autour de la table, disait-elle hier. C’est une grande première. Un pas considérable. Il y a quelques années, on ne nous recevait même pas à la mairie et il ne fallait surtout pas parler de ces sujets. Désormais, ce qui est encourageant, c’est de sentir une bonne écoute au sein de la commission. Nous attendons maintenant un signe fort. Les violences sexistes existent tout au long de l’année. Elles n’apparaissent pas seulement pendant les fêtes où il y a quand même un degré très fort de permissivité. Notre souci est de relayer le message tout au long de l’année comme c’est le cas par exemple pour les questions qui concernent l’alcool au volant. Pour les violences sexistes qui ont beaucoup à avoir avec des problèmes d’éducation, nous avons des propositions à faire en diffusant un message qui s’adresse à tous et qui ne culpabilise pas les victimes potentielles. Nous espérons aussi qu’il y aura un suivi après les fêtes, tout au long de l’année ».

 

Serge Airoldi