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Des fêtes sous surveillance

Les Fêtes de Bayonne sont-elles victimes de leur notoriété ? L’an dernier, elles avaient attiré environ 1 200 000 personnes. Assurer la sécurité d’une telle manifestation dans un centre ancien aux rues étroites, longé par un fleuve et traversé par une rivière, relève, chaque fois, de l’exploit. Depuis plusieurs années, des mesures ont été prises par la municipalité pour que ces fêtes se passent dans les meilleures conditions : fermeture du centre-ville aux voitures, instauration d’une pause durant la nuit… Les infractions les plus graves ont connu, l’an passé, une baisse statistique de 16,4 %, mais plusieurs viols, une agression à l’arme blanche et des comportements imbéciles qui auraient pu avoir de graves conséquences alors qu’ils éteignaient un incendie, des sapeurs-pompiers avaient été entravés dans leur travail ont entaché cette édition 2006. Au point que certains Bayonnais ont commencé à se poser sérieusement la question : faut-il supprimer les fêtes ? En changer la date ?
Aucune décision de ce type n’a été prise et les Fêtes de Bayonne auront bien lieu du 1er au 5 août. Mais, fruit d’un travail entamé au lendemain des fêtes 2006 par un comité de pilotage comprenant les services de l’Etat, de la Santé et du Travail, le tout sous le patronage de la Ville, le dispositif pratique et sécuritaire a été encore renforcé cette année. Jean Grenet, le maire (radical-UMP) de Bayonne, a souhaité qu’il soit « le plus discret possible tout en étant le plus efficace possible ».


Caméras. Certaines mesures ont été reconduites ou améliorées (fermeture à 3 heures et réouverture à 9 heures des débits de boisson, création d’un poste de secours et d’un espace de repos supplémentaires, augmentation du nombre de toilettes publiques, sécurité renforcée dans les campings, etc.) et d’autres ont vu le jour. Parmi ces nouveautés, des caméras de vidéosurveillance installées en divers lieux névralgiques, sept ballons lumineux blancs numérotés en vert, qui permettront aux festayres de se donner rendez-vous ou de se retrouver, un point central d’information, une nouvelle signalétique… Une campagne préventive vient appuyer toutes ces mesures avec un slogan et un logo : « Pour que la fête soit plus belle. » Sur des affiches ou des autocollants, des personnages habillés en blanc et rouge se donnent la main et délivrent divers messages sur les violences sexistes, les dangers de la conduite en état d’ivresse, etc.
De son côté, le sous-préfet, Jean-Jacques Caron, depuis peu en poste à Bayonne, n’y est pas allé de main morte. Désireux de lutter contre « la suralcoolisation d’un trop grand nombre de festayres et la consommation de stupéfiants », principale source, selon lui, des débordements de l’an dernier, il a décidé de renforcer la présence policière : 500 policiers, dont quatre compagnies de CRS, seront déployés à l’extérieur du périmètre des fêtes, mais pouvant intervenir à l’intérieur à tout moment. Par ailleurs, a-t-il indiqué, certains fonctionnaires de police en civil, mais armés et protégés par des gilets pare-balles, s’infiltreront dans la foule.


Les bars sous contrôle. Les débitants de boissons seront, eux aussi, sous surveillance, et éventuellement soumis à des contrôles de l’Urssaf, de la Ddass, de l’Inspection du travail… Et, outre la police, la gendarmerie nationale, les Douanes, le Service départemental d’incendie et de secours (agissant dans un cadre juridique nouveau, celui des « grands rassemblements ») seront, eux aussi, mobilisés. Les automobilistes « alcoolisés » se verront infliger, a annoncé M. Caron, une suspension immédiate de leur permis de conduire.
« Ceux qui espéreront venir à Bayonne pour s’abreuver d’alcool au point d’en perdre la raison et même leurs enfants mineurs et se livrer à des actes inacceptables tels que des agressions sexistes ou tout autre type de comportement digne des beuveries du Moyen Age se heurteront à des forces de l’ordre d’une intransigeance absolue », a déclaré d’un ton solennel le représentant de l’Etat. « Toute personne manifestement ivre sur la voie publique sera immédiatement interpellée par les forces de l’ordre », a-t-il même annoncé. Au risque de faire sourire tous les habitués des Fêtes de Bayonne.

Par Emmanuel Planes

L’Unsa police et les fêtes

L’Unsa police s’étonne des déclarations dsétonne des déclarations du député-maire Jean Grenet concernant sa volonté de ne pas voir de policiers dans les fêtes autrement qu’en tenue de festayres sans arme ni gilet pare-balles.

Depuis plusieurs années, les policiers de l’Unsa dénoncent la gestion des effectifs pendant les fêtes. Ils avaient été entendus en 2006 : la Direction centrale de sécurité publique avait intimé l’ordre aux responsables du commissariat de faire travailler les policiers armés et protégés dès 2007.

Le syndicat regrette l’amalgame fait par le maire entre présence de policiers et répression. Pour l’Unsa, la décision du commissaire central de faire patrouiller les effectifs CRS dans certains secteurs est « une juste décision. »

3 juillet 2007 - 5 commentaires
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