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Les fêtes de Bayonne côté pratique

- Fermeture. Les débits de boisson devront fermer leurs portes à 3 heures du matin. La réouverture est autorisée à partir de 9 heures.


- Centre-ville. Il est interdit au stationnement et à la circulation à partir de 15 heures le 30 juillet. Et tous les jours de 11 heures à 7 heures le lendemain matin.


- STAB. Le bus de la Fête de la STAB, le train des fêtes de la SNCF… tous ces moyens de transport sont renforcés jusqu’à 23 heures et les derniers départs se feront à 4h30 pour la SNCF.


- Postes de secours. Cette année, transfert du poste de secours prinicipal à la Maison des associations et maintien du poste de secours au gymnase Paul-Bert qui devient poste secondaire comme la crèche du quai Chaho et l’école du Grand Bayonne, rue Albert 1er.


- Espace repos. Il y en a trois : avenue Paul-Pras (derrière l’Aviron Bayonnais), place des Basques (devant l’Office de tourisme) et square Gambetta (quartier Saint-Esprit au pied du pont). Ils seront ouverts de 23 heures à 4 heures du matin.


- Toilettes. 200 WC publics seront disponibles dans le périmètre des Fêtes.


- Campeurs. Deux aires d’accueil sont Mousserolles (1 500 laces) et la Floride (2 000 places). Trois éducateurs de prévention interviendront pour expliquer aux jeunes les règles à respecter pendant les Fêtes.


- Ballons repères. Sept ballons lumineux, bancs, numérotés en vert baliseront la ville pour indiquer les points repères.

Commission des fêtes : Yves Ugalde démissionne

COMMISSION DES FÊTES. Après une réunion, mardi soir, où il trouve que l’on a trop parlé de sécurité et pas assez d’animation, Yves Ugalde a annoncé son départ

 

L‘entente plus ou moins cordiale n’aura duré que onze jours. Hier, en effet, Yves Ugalde, a annoncé qu’il se « retirait » de la commission extra-municipale des fêtes. Cette commission, nouvelle dans sa composition parce qu’elle compte désormais vingt membres au lieu de quarante, a été installée le 21 juin dernier. Et la nouvelle configuration doit être confirmée lors du prochain vote du Conseil municipal qui aura lieu le 24 juillet.

 

La décision de Yves Ugalde, l’un des deux élus de Bayonne par Cœur au sein du conseil, intervient après une réunion plénière de la commission, mardi soir. Yves Ugalde raconte : « Entre 18 h 30 et 21 h 40, on a parlé essentiellement de sécurité et d’agressions sexuelles, c’est-à-dire de choses qui sont loin des animations et du contenu des fêtes ».

Thomas Jaussaud : « Yves Ugalde essaie d’exister en créant un clash. Nous ouvrons la porte et il la claque aussitôt »

 

 

Contenu. « Qu’allez-vous faire ? Allez-vous quitter la commission ? » Hier, à ces questions, et après un bref silence, l’intéressé répondait : « Oui. Je me retire. Je n’en ferai pas partie ». Et d’ajouter : « Nous avons composé cinquante-cinq pages pour donner corps aux fêtes. Or il n’est question que de sécurité et de comportement transgressifs. Hier soir (ndlr : mardi), j’ai pris la parole une seule fois. Thomas Jaussaud (ndlr : le vice-président de la commission) a parlé quinze secondes et Henri Lauqué (ndlr : le président), dix-huit secondes. Le reste du temps, il n’a été question que de sécurité. Je dis que le bénévolat, ce n’est pas l’irresponsabilité au milieu de la fête. 90 % de la fête a été inventée et défendu par les bénévoles. Je ne conteste pas le fait que la responsabilité de la mairie soit très importante pendant les fêtes, mais nous, à la commission, nous devons apporter quelque chose d’autre. L’angle sécuritaire n’est pas le seul. La commission doit être une source à idée et pas l’endroit où l’on divulgue des idées officielles. Aujourd’hui, je ne veux pas aller au conflit. Nous fournirons quand même les résultats de nos réflexions si on nous les demande. Mais je me retire. La commission est devenue politique ». Yves Ugalde : « La commission est devenue politique ».

 

 

« Vision passéiste ». Cette vision des choses a fait fulminer Thomas Jaussaud, l’adjoint notamment chargé des fêtes. « Ce choix, c’est manifestement une exploitation politique, commentait-il hier. Il essaie d’exister en créant un clash. Notre principe a été de proposer un éventail le plus grand possible pour former la commission. Lui, a beaucoup critiqué la gestion municipale et je pensais qu’il avait donc quelque chose à proposer. Or, nous ouvrons la porte et il la claque aussitôt. Il est donc venu pour ça. Mardi soir, il a surtout soufflé et levé les yeux au ciel. Il décide de partir. Cela le regarde. Ce n’est pas une grande perte eu égard à ce qu’il a proposé. C’est-à-dire rien. À la commission, tous les avis méritent d’être écoutés et tous les enjeux qu’il y a autour des fêtes , dépassent le cadre strict des animations. Si Yves Ugalde veut vivre dans une vision passéiste des fêtes , cela le regarde. Je redis par ailleurs que les fêtes de Bayonne appartiennent au patrimoine de tous, au-delà des clivages politiques. Et si Yves Ugalde veut s’enfermer là-dedans, qu’il le fasse. »

 

 

Candidate. Lors d’une conférence de presse organisée, hier, par les communistes de la Côte Basque, Éliane Pibouleau-Blain, conseillère municipale d’opposition, apparentée communiste, élue sur la liste Bayonne Ensemble que dirige Jérôme Aguerre a fait part de son souhait de participer, l’an prochain, à la commission extra-municipale des fêtes. Installée le 21 juin dernier, cette nouvelle commission compte 20 membres. Jérôme Aguerre et Mathieu Bergé sont les deux représentants de l’opposition de gauche. Eliane Pibouleau-Blain souhaite participer aux travaux de la commission en qualité de récente Bayonnaise et aussi pour défendre l’idée selon laquelle « le patrimoine doit être mis en valeur par des novations artistiques ». Jérôme Aguerre, savait que sa co-listière souhaitait être candidate en 2009 mais ignorait qu’elle allait l’annoncer publiquement. Hier, il déclarait : « Pour l’instant c’est Mathieu Bergé et moi qui participons à la commission. J’ai dit à mes co-listiers que cette présence pourrait être tournante mais nous n’avons encore rien décidé sur la périodicité. C’est une décision qui se prendra en groupe au sein duquel, d’autres sont tout aussi légitime pour faire partie de la commission ».

Serge Airoldi

 

Commission des fêtes : la voix de Patxoki

Jano Fourcade et Klodina Aphestéguy siègeront en alternance dans la commission où ils porteront une conception qu’ils mettent en pratique depuis 1987



Quand le téléphone a sonné, ils ont d’abord été étonnés. Et même très surpris. « Mais cela a été une bonne surprise », confiait hier Jano Fourcade, lequel gère le local du Patxoki avec Klodina Aphestéguy. La surprise, c’était une invitation à participer à la nouvelle commission extra-municipale des fêtes . Jano Fourcade siègera en alternance avec Klodina Aphestéguy. Avec conviction mais en attendant de voir « ce qu’il en sortira ».

 

L’un comme l’autre ne cachent pas leurs idées. Jano était sur la liste Baiona Berria aux dernières élections municipales et Klodina assurait la permanence. Quant au local de la rue des Cordeliers, l’affichage dit clairement où l’on entre. Bien sûr, pendant les fêtes , on y cause de politique et ici, la politique a la couleur de l’abertzalisme.

 

Tout s’explique par l’histoire des lieux ouvert en juin 1987 où se retrouvaient insoumis, rebelles, féministes et on en oublie. « Beaucoup de tendances et de contestation en fait », résume Jano Fourcade qui se souvient aussi des concerts alternatifs qui se succédèrent.

 

Pourquoi Patxoki ? Pour évoquer le nom du groupe Patxa qui fit les beaux jours des années quatre-vingt.

Mais au-delà du discours, il y a aussi une volonté très affirmée de défendre une certaine façon de faire la fête. Cela tient à une somme de pratiques que Jano et Klodina défendront au sein de la commission.

 

 

« Niet aux nuisances sonores ». Déjà, il y a les enceintes dans la rue. « Nous, nous disons niet à cette nuisance, affirment-ils. Dans le local, il y en a dans le local mais tournées vers l’intérieur. Il y a aussi les comptoirs extérieurs dans les rues étroites. Nous sommes contre, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. La concentration humaine et trop de bruit ne provoquent que de l’agressivité.

 

Nous pensons qu’il faudrait étaler la fête géographiquement y compris vers Saint-Esprit et aussi en créant un village de casetas, par exemple pour les peñas trop petites où l’accès n’est pas facile pour le public. En fait, il faudrait vraiment contribuer à désengorger le Petit Bayonne ».

Dans le local, et parce que « ce n’est pas un local comme les autres », ceux de Patxoki clament haut et fort qu’on ne vient pas chez eux uniquement pour boire un coup.

 

 

Verres consignés. On vient aussi pour s’informer : sur les agressions sexuelles, le sida, sur la défense du droit des saisonniers. Les tarifs sont convenables et affichés en français et en basque. Bien sûr la question de la langue sera évoquée au sein de la commission. Quant aux boissons non alcoolisées, elles sont moins chères que celles qui le sont. Quant aux toilettes, ce n’est pas du tout un détail, elles sont ouvertes et offrent un accès pour les handicapés. Il y a aussi les verres en plastique réutilisables et consignés moyennant un euro. « En fait, souhaiterait Jano Fourcade, on voudrait une fête de curieux et de découverte et pas seulement de consommation ».

 

 

Maider Exoan. Elle représente le Collectif contre les violences sexistes et au sein de la commission extra-municipale, elle représente aussi le Collectif des femmes en Pays Basque. « Enfin, nous sommes autour de la table, disait-elle hier. C’est une grande première. Un pas considérable. Il y a quelques années, on ne nous recevait même pas à la mairie et il ne fallait surtout pas parler de ces sujets. Désormais, ce qui est encourageant, c’est de sentir une bonne écoute au sein de la commission. Nous attendons maintenant un signe fort. Les violences sexistes existent tout au long de l’année. Elles n’apparaissent pas seulement pendant les fêtes où il y a quand même un degré très fort de permissivité. Notre souci est de relayer le message tout au long de l’année comme c’est le cas par exemple pour les questions qui concernent l’alcool au volant. Pour les violences sexistes qui ont beaucoup à avoir avec des problèmes d’éducation, nous avons des propositions à faire en diffusant un message qui s’adresse à tous et qui ne culpabilise pas les victimes potentielles. Nous espérons aussi qu’il y aura un suivi après les fêtes, tout au long de l’année ».

 

Serge Airoldi

 

Croiser les regards

FÊTES. Samedi, la nouvelle commission extra-municipale a été installée. Elle ne comptera plus que vingt membres et elle vise à intégrer tous les aspects des Fêtes



1. La commission a été resserrée autour de vingt membres.

 

Ils étaient une quarantaine. Ils seront désormais vingt, en plus du président Henri Lauqué et du vice-président Thomas Jaussaud (adjoint à la Jeunesse, sport et vie associative). La commission a été installée samedi dernier. La Ville souhaite qu’elle soit permanente, c’est-à-dire qu’elle siège dès le mois de septembre pour préparer l’édition de 2009. Voici les noms.

- Il y aura six élus de la majorité : Martine Bisauta, Jean-René Etchegaray, Aitor Arandia, Isabelle Doucet-Joye, et donc Thomas Jaussaud. Deux élus de gauche : Jérôme Aguerre et Mathieu Bergé. Un élu de Bayonne par Cœur : Yves Ugalde.

- Pour les peñas, le Groupement des Associations Bayonnaises (GAB) aura un représentant. Il s’agira probablement de Laurent Roux. Le GAB se réunit demain. André Lascoumes représentera Orkonpon et Jean-Jo Marmouyet, la peña Erronda. Dans le Petit Bayonne, Jano Fourcade parlera au nom de Patxoki. Ce sera une voix abertzale qui s’exprimera.

- Chez les professionnels, Pierre Barat et aussi Mikel Ochandiano seront les porte-paroles des cafetiers-restaurateurs. Maider Etxoan parlera pour deux collectifs de femmes, Maité Axiari, pour l’association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, Gérard Iribaren pour les quartiers périphériques.

- Enfin, les trois représentants du groupe animation seront Christian Paillaugue (Baiona Banda), Franck Ethève (Basoko Lagunak) et Roger Goyeneche (Karrikaldi).

 

 

2. Quelle est la philosophie de cette commission ?

 

Elle vise à intégrer tous les aspects de la fête. Qu’il s’agisse de l’organisation matérielle, de la sécurité, de l’animation à proprement parler. « Ce que nous avons voulu, explique Martine Bisauta, c’est qu’il y ait, comme l’a dit quelqu’un samedi, un regard croisé sur les Fêtes. Avant les uns étaient coupés des autres. Ceux qui s’occupaient de la sécurisation, de l’animation ou de la logistique n’avaient pas vocation à se parler. Désormais, les choses sont faites pour que tous entendent parler les autres ».

 

 

3. Pourquoi avoir fait ce choix cette année ?

 

« C’est un choix politique très clair, assure Henri Labayle, adjoint notamment chargé des espaces publics, un choix lié à la volonté de gouverner autrement. Avec un sujet aussi fort que celui des Fêtes de Bayonne, nous avons voulu mettre nos paroles en musique avec nos actes. Aujourd’hui, nous sommes arrivés au bout d’un processus. Si nous voulons améliorer la qualité des Fêtes, il est impératif que chacune prenne ses responsabilités. La ville est là pour accompagner, pas pour devancer. Elle dit certaines limites. Elle dit ce qui est possible, mais elle n’est pas là pour dire quand on rit et quand on s’amuse. Nous avons donc un besoin impératif de ce qui vient du terrain, des peñas, des associations… » « C’est en fait une continuité, poursuit Thomas Jaussaud. Les choses sont toujours parties des initiatives privées, de ces ressources festives naturelles bayonnaises ».

 

 

4. Marteler le message de la responsabilité.

 

Au-delà de la nouvelle organisation de la commission, les trois élus ont aussi martelé le message de la responsabilité. « Chacun doit se responsabiliser » (Martine Bisauta), « s’approprier les fêtes » (Henri Labayle).

Dans une prochaine édition, nous donnerons la parole à Mathieu Bergé, élu de gauche qui fait partie de la nouvelle commission ainsi qu’à d’autres acteurs des fêtes.

 

 

« H. Lauqué s’imposait comme président »

 

Avant les élections municipales, Henri Lauqué avait adressé une longue note au maire Jean Grenet dans laquelle il indiquait qu’une commission comprenant quarante personnes, c’était « beaucoup trop ». Et aussi qu’il « fallait resserrer le nombre » et que compte tenu de l’importance croissante de l’intervention municipale dans la fête, il « fallait qu’un élu soit le président de la commission ». Jean Grenet ne l’a pas souhaité. Hier, Thomas Jaussaud, en donnait les raisons : « Les fêtes restent le patrimoine de tous les Bayonnais. Il n’y pas de politisation des fêtes. Les fêtes n’appartiennent pas à un parti politique ou à une majorité ». Donc, il n’était pas question de « municipaliser » la présidence de la commission. Et comme, insistait Thomas Jaussaud, « Henri Lauqué s’imposait. C’est le meilleur connaisseur des Fêtes, des personnes. Dès lors, il était bien évident qu’il devait continuer d’être le président de la commission extra-municipale des fêtes ».

 

Henri Lauqué préside la commission extra-municipale des fêtes depuis treize ans. Il succédait alors à André Béhotéguy qui fut président pendant vingt-et-un ans. Il y a treize ans, Henri Lauqué ne découvrait pas les Fêtes de Bayonne. Il connaît en effet les rouages de la grande machine depuis 1976 et depuis l’époque où il fut directeur de l’Office de tourisme de Bayonne.

 

Né à Bayonne, âgé de 56 ans, Henri Lauqué est directeur de la communication du Comité départemental du tourisme des Pyrénées-Atlantiques depuis 2000. Ancien footballeur, ancien président de la section football de l’Aviron Bayonnais, ancien administrateur puis vice-président de l’Aviron Bayonnais omnisports, il fut pendant vingt ans chanteur dans les rangs de Pottoroak.

 

Serge Airoldi

Bouger les mentalités

SEXISME. Le collectif contre les violences sexistes dénonce les agressions contre les femmes, notamment pendant les fêtes

 

Les fêtes de Bayonne n’étaient pas joyeuses pour tout le monde l’année dernière. Pendant que les festayres s’en donnaient à cœur joie, au moins deux femmes se faisaient violer dans les rues de la ville. D’après les femmes du collectif contre les violences sexistes, ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé : il ne recense que les plaintes déposées. « On sait que la plupart des viols restent dans le silence et il est certain qu’il y a beaucoup plus d’agressions », a affirmé Isabelle Bardenave, lors d’une conférence de presse mardi.

 

Si elles reconnaissent que les mesures prises par la ville de Bayonne, comme le renforcement de la présence policière et l’installation de caméras de surveillance, vont dans le bon sens, elles les jugent insuffisantes, voir inefficaces.

 

 

Prise de conscience. Le collectif estime que c’est essentiellement la prévention qui peut permettre d’éradiquer les violences envers les femmes. « La mairie doit mettre en route un programme de conscientisation et d’éducation civique contre le sexisme à commencer par les écoles » revendiquent-elles.

 

Même avec la mise en place du dispositif réclamé, il faudrait des années avant que les effets se fassent ressentir. Pour dissuader les agresseurs (qui ne sont pas tous bayonnais) dès à présent, elles envisagent de faire « un geste symbolique », et de coller des affiches marquées « la fête oui ! Agressions sexistes non ! », en basque et en français.

 

Le collectif appelle les festayres, peñas et cafetiers à la vigilance. « Les toilettes des cafés doivent rester ouvertes tant que l’établissement est ouvert » insistent-elles. La fermeture des WC par certains établissements, soucieux d’éviter les dégradations, oblige parfois les femmes à trouver un endroit isolé pour faire leurs besoins, augmentant les risques d’agression. Pour elles, seul un changement du « paysage mental » de la ville pourrait résoudre le problème.

 

Pierre Boisselet