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Bouger les mentalités

SEXISME. Le collectif contre les violences sexistes dénonce les agressions contre les femmes, notamment pendant les fêtes

 

Les fêtes de Bayonne n’étaient pas joyeuses pour tout le monde l’année dernière. Pendant que les festayres s’en donnaient à cœur joie, au moins deux femmes se faisaient violer dans les rues de la ville. D’après les femmes du collectif contre les violences sexistes, ce chiffre pourrait être beaucoup plus élevé : il ne recense que les plaintes déposées. « On sait que la plupart des viols restent dans le silence et il est certain qu’il y a beaucoup plus d’agressions », a affirmé Isabelle Bardenave, lors d’une conférence de presse mardi.

 

Si elles reconnaissent que les mesures prises par la ville de Bayonne, comme le renforcement de la présence policière et l’installation de caméras de surveillance, vont dans le bon sens, elles les jugent insuffisantes, voir inefficaces.

 

 

Prise de conscience. Le collectif estime que c’est essentiellement la prévention qui peut permettre d’éradiquer les violences envers les femmes. « La mairie doit mettre en route un programme de conscientisation et d’éducation civique contre le sexisme à commencer par les écoles » revendiquent-elles.

 

Même avec la mise en place du dispositif réclamé, il faudrait des années avant que les effets se fassent ressentir. Pour dissuader les agresseurs (qui ne sont pas tous bayonnais) dès à présent, elles envisagent de faire « un geste symbolique », et de coller des affiches marquées « la fête oui ! Agressions sexistes non ! », en basque et en français.

 

Le collectif appelle les festayres, peñas et cafetiers à la vigilance. « Les toilettes des cafés doivent rester ouvertes tant que l’établissement est ouvert » insistent-elles. La fermeture des WC par certains établissements, soucieux d’éviter les dégradations, oblige parfois les femmes à trouver un endroit isolé pour faire leurs besoins, augmentant les risques d’agression. Pour elles, seul un changement du « paysage mental » de la ville pourrait résoudre le problème.

 

Pierre Boisselet

 

Petit festayre deviendra grand

La première journée des fêtes est consacrée aux tout-petits

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Traditionnellement, la première « vraie » journée des fêtes est consacrée aux enfants. Sur le mode de la transmission, les parents initient les petits au savoir-faire de la fête. On retrouve donc tout au long de ce jeudi la réplique des animations auxquelles leurs parents se livrent pendant quatre jours. La journée démarre par la distribution de chocolat chaud à la pena Betisoak (choco-yamboun). Elle se poursuit par l’encierro txiki. On se croirait au petit matin dans les rues de Pampelune, en miniature. Les enfants, âgés de 6 à 12 ans, en tenue de festayre, courent devant des « toros » pour de faux. Arrivée : place de la Liberté, juste avant le premier réveil du roi Léon au balcon de l’hôtel de ville. Les petites clés sont lancées, après les « grandes » la veille. Les enfants se retrouvent ensuite pour un pique-nique géant à la Poterne, au pied des remparts. Ne pas oublier non plus à 10 h 30 la prestation de la tamborrada enfantine. Celle de Bayonne a été créée en 1996 par l’association Besteak. Après le goûter et les animations de l’après-midi, il est alors grand temps de laisser la place aux grands…

Des fêtes sous surveillance

Les Fêtes de Bayonne sont-elles victimes de leur notoriété ? L’an dernier, elles avaient attiré environ 1 200 000 personnes. Assurer la sécurité d’une telle manifestation dans un centre ancien aux rues étroites, longé par un fleuve et traversé par une rivière, relève, chaque fois, de l’exploit. Depuis plusieurs années, des mesures ont été prises par la municipalité pour que ces fêtes se passent dans les meilleures conditions : fermeture du centre-ville aux voitures, instauration d’une pause durant la nuit… Les infractions les plus graves ont connu, l’an passé, une baisse statistique de 16,4 %, mais plusieurs viols, une agression à l’arme blanche et des comportements imbéciles qui auraient pu avoir de graves conséquences alors qu’ils éteignaient un incendie, des sapeurs-pompiers avaient été entravés dans leur travail ont entaché cette édition 2006. Au point que certains Bayonnais ont commencé à se poser sérieusement la question : faut-il supprimer les fêtes ? En changer la date ?
Aucune décision de ce type n’a été prise et les Fêtes de Bayonne auront bien lieu du 1er au 5 août. Mais, fruit d’un travail entamé au lendemain des fêtes 2006 par un comité de pilotage comprenant les services de l’Etat, de la Santé et du Travail, le tout sous le patronage de la Ville, le dispositif pratique et sécuritaire a été encore renforcé cette année. Jean Grenet, le maire (radical-UMP) de Bayonne, a souhaité qu’il soit « le plus discret possible tout en étant le plus efficace possible ».


Caméras. Certaines mesures ont été reconduites ou améliorées (fermeture à 3 heures et réouverture à 9 heures des débits de boisson, création d’un poste de secours et d’un espace de repos supplémentaires, augmentation du nombre de toilettes publiques, sécurité renforcée dans les campings, etc.) et d’autres ont vu le jour. Parmi ces nouveautés, des caméras de vidéosurveillance installées en divers lieux névralgiques, sept ballons lumineux blancs numérotés en vert, qui permettront aux festayres de se donner rendez-vous ou de se retrouver, un point central d’information, une nouvelle signalétique… Une campagne préventive vient appuyer toutes ces mesures avec un slogan et un logo : « Pour que la fête soit plus belle. » Sur des affiches ou des autocollants, des personnages habillés en blanc et rouge se donnent la main et délivrent divers messages sur les violences sexistes, les dangers de la conduite en état d’ivresse, etc.
De son côté, le sous-préfet, Jean-Jacques Caron, depuis peu en poste à Bayonne, n’y est pas allé de main morte. Désireux de lutter contre « la suralcoolisation d’un trop grand nombre de festayres et la consommation de stupéfiants », principale source, selon lui, des débordements de l’an dernier, il a décidé de renforcer la présence policière : 500 policiers, dont quatre compagnies de CRS, seront déployés à l’extérieur du périmètre des fêtes, mais pouvant intervenir à l’intérieur à tout moment. Par ailleurs, a-t-il indiqué, certains fonctionnaires de police en civil, mais armés et protégés par des gilets pare-balles, s’infiltreront dans la foule.


Les bars sous contrôle. Les débitants de boissons seront, eux aussi, sous surveillance, et éventuellement soumis à des contrôles de l’Urssaf, de la Ddass, de l’Inspection du travail… Et, outre la police, la gendarmerie nationale, les Douanes, le Service départemental d’incendie et de secours (agissant dans un cadre juridique nouveau, celui des « grands rassemblements ») seront, eux aussi, mobilisés. Les automobilistes « alcoolisés » se verront infliger, a annoncé M. Caron, une suspension immédiate de leur permis de conduire.
« Ceux qui espéreront venir à Bayonne pour s’abreuver d’alcool au point d’en perdre la raison et même leurs enfants mineurs et se livrer à des actes inacceptables tels que des agressions sexistes ou tout autre type de comportement digne des beuveries du Moyen Age se heurteront à des forces de l’ordre d’une intransigeance absolue », a déclaré d’un ton solennel le représentant de l’Etat. « Toute personne manifestement ivre sur la voie publique sera immédiatement interpellée par les forces de l’ordre », a-t-il même annoncé. Au risque de faire sourire tous les habitués des Fêtes de Bayonne.

Par Emmanuel Planes

Le rouge et vert ne se discute pas !

A première vue, rien d’anormal? La rue Poissonnerie, encombrée par les touristes, joue des ombres et des lumières, sous le soleil enfin revenu. Mais dès qu’on lève la tête, c’est le rouge et le vert qui dominent. Patron du café Chai Ramina, Jacques Gardet est le premier à donner une explication. « C’est un concours de décoration que nous organisons tous les ans pendant les fêtes? L’objectif est de relancer les vraies couleurs de la ville. On laisse le rouge et blanc à Pampelune ou à Dax, mais ici, c’est le rouge et le vert ! » Figure locale connue de tous, Ramina » est plutôt fier de ses couleurs. Il faut dire que depuis des années, il essaye d’inciter les festayres à revenir au rouge et vert de la ville. « Même dans les autres fêtes, notamment dans le Sud-Est, à Nîmes ou Bézier, le foulard rouge et vert de Bayonne est une référence. Je l’ai constaté. Nous n’avons plus de leçons à recevoir lorsqu’il s’agit d’organiser des fêtes. »

Fanions rouge et vert. Le patron du Ramina est le premier à avoir décoré sa façade aux couleurs de la ville, pendant la période des fêtes. Puis les commerçants de la rue se sont réunis pour créer un concours, qui récompenserait celui qui ferait la meilleure décoration. Il a véritablement été mis en place à partir de 2003, et à l’époque, ils n’étaient qu’une poignée à y participer: Ramina, le Xurasko, le bar du Marché? Puis tous les habitants et les commerçants de la rue Poissonnerie se sont progressivement prêtés au jeu. Fanions, décorations aux fenêtres et aux balcons pour les habitants, vitrines pour les commerçants? « Une année, on avait mis une tête de vache à la fenêtre du premier étage, avec un foulard rouge et vert », se rappelle Ramina. Toute une histoire pour la monter dans l’escalier !

Propagation dans le quartier. Pour cette année, l’idée s’est propagée dans les rues adjacentes. Rue du Pilori, de la Salie, des Basques, d’Espagne? Chacune d’entre elles est représentée par un capitaine, qui est chargé de démarcher les commerces pour recueillir les lots destinés aux vainqueurs du concours. Un panier garni sera remis à un particulier, un autre à un commerçant. « Les idées originales ne manquent pas », reconnaît Delphine Thomas, la responsable de l’organisation, «de la simplicité du linge rouge et vert accroché aux fenêtres, jusqu’aux idées plus sophistiquées, comme de remplir des bouteilles d’eau de grenadine et de sirop de menthe. »

Rencontrer ses voisins. Cette année, le capitaine de rue aura une mission supplémentaire : organiser un repas, le mercredi et le jeudi midi, pour que les commerçants et les habitants se retrouvent et apprennent à se connaître. « D’une année sur l’autre, les voisins changent, et ce concours est l’occasion de faire connaissance avec les nouveaux arrivants. »

Article d’Arnauld Bernard.

26 juillet 2007 - 1 commentaire
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Un effort de qualité

La musique vivante, sous toutes ses formes, occupera une place privilégiée dans le programme de l’édition 2007, du 1 au 5 août.

C’est ce matin que Jean Grenet, entouré du sous-préfet et du procureur de la République, présentera les nouvelles dispositions prises pour l’organisation des Fêtes, et notamment, bien sûr, pour leur sécurité. Hier, au bar à vin Le Dacquois, rue d’Espagne (un vieil établissement bayonnais que le chef d’entreprise Michel Hoff a racheté et aménagé avec goût tout en le maintenant « dans son jus ») les médias locaux étaient invités à la traditionnelle présentation du contenu de ces mêmes Fêtes. C’était forcément plus joyeux.

Comme chaque année Henri Lauqué, le président de la commission extra-municipale, sans livrer un programme exhaustif (on le trouvera dans un document plus complet que les années précédentes, avec en couverture l’affiche de Marie-Céline Hondelatte) a révélé les nouveautés et les temps forts de l’année.

Neuf peñas sur les planches.

Parmi ces nouveautés, la course de paddleboard imaginée par Robert Rabagny, « Indien » du BO, mais aussi président de la peña Bayonne Plage. Elle complétera, le mercredi, journée de lancement des Fêtes, la Foulée du festayre et le championnat du monde d’omelette aux piments. Le paddleboard est une planche plus rapide et maniable que le longbaord, utilisée au départ par les secouristes sur les plages d’Australie et qui est aujourd’hui un outil de travail des MNS. A 14 heures, les membres de neuf peñas prendront le large sur leurs planches et parcourront 14,400 km. Le départ est prévu à 14 h 30 à la Côte des Basques et l’arrivée devant l’Aviron Bayonnais surf club vers 19 heures. Huit relais sont au programme, à Biarritz, Anglet et Bayonne.

Jean Grenet a salué avec beaucoup de chaleur cette initiative de l’animateur biarrot : « Il faut arrêter de dresser des barrières entre nos villes et mettre en commun ce qui nous enrichit.» La peña victorieuse remportera un bouclier que Robert Rabagny s’est fait un plaisir de brandir. Il est dédié à Joseph Fourquet dit Carcabueno, illustre guide-baigneur biarrot qui sauva Bismarck de la noyade. « On va essayer de gagner celui-là et surtout un autre », a promis, en souriant, Jean Grenet.

Tout comme le réveil du roi Léon, le défilé des géants, ou les courses de vaches, le Karrikaldi sera l’un des rendez-vous quotidiens des Fêtes. Un rendez-vous très prisé des amateurs de danses et de chants traditionnels. Comme l’an dernier il aura pour cadre la place Jacques-Portes, au pied du Château-Vieux, de 16 h 30 à 21 heures. « La sonorisation et la visibilité ont été améliorées », a précisé Henri Lauqué. Parmi les nouvelles formations qui se produiront dans le cadre de ce Karikaldi, Los Compadres, de Pampelune, et un groupe gascon.

Le rôle des bandas.

La journée du jeudi sera, comme chaque année, plus particulièrement celle des enfants mais la commission extra-municipale a souhaité également lui donner une tonalité culturelle avec deux concerts : l’un en la cathédrale (avec orgue, gaitas, txistu et accordéons) et l’autre en la collégiale Saint-Esprit (avec l’otxote Aizkoa). Cet effort de qualité se manifeste également dans le choix des bandas qui sillonneront les rues. « Ce sont les bandas et les peñas qui sont à l’origine de beaucoup d’initiatives dans ces Fêtes », a souligné Jean Grenet. D’une façon générale la ville a souhaité que la musique vivante soit de plus en plus présente dans les rues.

Le samedi verra le retour du groupe Burrunka (percussions africaines sur fond de gaitas) que l’on avait pu admirer lors de la Fête de la musique, et une parade de Baionako Tamborrada. Le samedi soir et le dimanche soir, onze chars participeront au traditionnel corso lumineux. La commission extra-municipale n’a pas eu beaucoup de succès dans son appel aux nouvelles candidatures : une seule association a répondu à l’appel. Mais cette volonté de retrouver un niveau de qualité qui avait baissé a quand même, d’après Henri Lauqué, porté ses fruits, incitant les participants habituels à se surpasser.

Outre la messe des bandas en l’église Saint-André, toujours haute en couleur, et la messe des fêtes en la cathédrale, la journée de dimanche offrira des manifestations beaucoup plus profanes avec la quatrième édition du « Paquito Lagunak », autrement dit le plus grand « Paquito Chocolatero du monde » organisé par l’association Basoko Lagunak en partenariat avec « Sud Ouest ». Record à battre : 5 000 participants .

Article d’Emmanuel Planes